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“Je partage avec vous les mots d’une écrivaine du Brésil, Clarice Lispector: « Chacun de nous est responsable du monde entier ». C’est une formule littéraire, qui porte une idée juste.

À quoi bon d’être ici, de parler ici, si nous ne sentons pas cet appel à la responsabilité, si nous ne nous engageons pas pour une cause plus grande que nos intérêts individuels ou nationaux ?

Il est impossible de cultiver la paix sans lutter contre les inégalités dans le monde. Pour mener ce combat, le multilatéralisme nous a destiné deux instruments puissants, l’éducation et la science, deux instruments qui sont au cœur (qui sont le cœur) de l’UNESCO. Les Nations Unies attendent de nous un engagement ferme dans ces deux domaines. Ainsi que le monde.

Parlons de l’éducation.

La communauté internationale nous a confié la mission la plus noble, l’ODD 4. Sommes-nous prêts à assumer toutes les conséquences de cette attribution, de cette responsabilité ?

Il faut renforcer le secteur Éducation dans le cadre d’un renforcement de l’UNESCO et de ses moyens. En cohérence, nous soutenons une option budgétaire à la hauteur de nos ambitions.

Nous venons d’apprendre l’absence de progrès en ce qui concerne l’ODD4. Mme la Directrice-Générale l’a expliqué hier. « Les nouvelles données nous montrent qu’année après année la situation reste inchangée en terme d’accès et de qualité de l’enseignement », alerte la directrice de l’Institut de Statistique de l’UNESCO. Il ne s’agit pas, uniquement, d’être loin des objectifs fixés pour 2030. C’est pire. Nous ne progressons pas. La situation reste inchangée. C’est inacceptable.

Chers amis,

Nous ne pouvons pas prendre connaissance de ces chiffres, et ne rien faire. Nous ne sommes pas devant une statistique de plus. Nous sommes devant un désastre. Quelqu’un doit tirer la sonnette d’alarme. Et ce quelqu’un c’est nous.

C’est pourquoi nous devrions adopter, à ce Conseil Exécutif, une Déclaration d’état d’urgence appelant à une mobilisation collective, des Nations Unies, des États, de tous les partenaires, afin de soutenir l’ODD4 et son comité directeur, avec un renforcement des financements et de la capacité d’action de l’UNESCO, toujours avec l’Afrique comme la priorité des priorités.

Cette Déclaration doit être en rapport avec l’initiative sur les futurs de l’éducation. Parce que nous avons besoin de penser autrement l’éducation. Il ne s’agit pas de réunir une commission de plus, de rédiger un rapport de plus. Non.

Il s’agit de trouver une vision d’avenir, engageant les millions d’éducateurs qui, dans le monde, attendent l’UNESCO.

Il s’agit de trouver un chemin pour être à la hauteur de nos responsabilités vis-à-vis les 258 millions d’enfants qui ne vont pas à l’école, vis-à-vis les 750 millions d’adultes qui restent illettrés.

Si ce n’est pas pour cela, alors à quoi sert l’UNESCO ?

If not for this, then what is UNESCO for?

After education, science.

Nowadays, science and technology are the most powerful instruments of domination and production of inequalities in the world. And artificial intelligence is widening the gap between countries and regions, between those who hold the power of knowledge (and data) and those who remain in an ever-increasing dependency.

That is why, if we want to fight inequalities, if we really want to strengthen a multipolar world, then we must engage in an open, shared, public science, whose benefits are for everyone, everywhere.

Major advances in science are the result of public investment. They must serve to common good, to accomplish the 2030 Agenda, and not to create new inequalities, and not to create new forms of dependency. Science, open science, is the new frontier of development, of sustainable development.

In this field, UNESCO has above all normative powers, that can be (and should be) used to build a Recommendation. We need to mobilize all member states, we need to give voice to young researchers, we need to get the support of outstanding scientists, from all over the world, in order to put open science on the multilateral agenda.

If not for this, then what is UNESCO for?

Si no sirve para esto, ¿entonces para qué sirve la UNESCO?

Queridos amigos

Hoy, comparto con vosotros el honor de sentarme en esta casa común del multilateralismo. Pero también comparto la sensación de que podemos hacer más de lo que hacemos. Podemos más. Hay que invertir las energías en nuestras misiones centrales y no en cuestiones internas, orgánicas o procedimentales. El multilateralismo no puede seguir llegando tarde a los problemas del mundo.

Termino con un escritor portugués, Vergílio Ferreira: ‘De mi lengua, se ve el mar’.

El mar constituye el 97% del territorio de mi país. Quisiera destacar la importancia de la Conferencia de las Naciones Unidas sobre los Océanos, que tendrá lugar en Lisboa el próximo año, en colaboración con Kenia, así como el evento paralelo que se organizará en colaboración con la Comisión Oceanográfica Intergubernamental, en el marco de la próxima Conferencia General, sobre el tema ‘El decenio de las Ciencias Oceánicas hacia Lisboa’.

‘De mi lengua, se ve el mar’. Me gustaría agradecer vuestro gesto hacia la lengua portuguesa, una distinción que reconoce la diversidad lingüística y, en consecuencia, todos los idiomas, porque cada idioma es un elemento insustituible de nuestra humanidad.

- Xièxiè     - Spasibo     - Shukraan

En portugués, agradecemos diciendo Obrigado, que significa, literalmente, I am obliged to you o Je vous suis obligé. Obliged, obligé, obrigado. Esta es nuestra forma de agradecer. Quedamos obligados. Obligados y comprometidos. Ante vosotros. Ante la UNESCO.”

 

António Nóvoa

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